Outrage au public de Peter Handke

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fugue pour quatuor à voix

conception et mise en œuvre : Joachim Salinger
avec : Christine Armanger, Ninon Defalvard, Maïa Michaud et Anne-Charlotte Piau
création lumière : Charly Lhuillier | création sonore : Éric Sterenfeld

diptyque de performances théâtrales et articulatoires
partie 2
production : un autre jour, la même histoire

traduction de Jean Sigrid. L’Arche est éditeur du texte représenté. www.arche-editeur.com
©1966, Surkamp Verlag, Francfort-sur-le-Main.  ©1968, L’Arche, Paris.

création 2014 – La Loge >>

du 26 au 30 mai et du 03 au 06 juin à 19H00
La Loge | 77 rue de Charonne | Paris 11° | info@lalogeparis.fr | 01 40 09 70 40
Tarifs | Plein : 16€ | Medium : 12€ (26/30 ans) | Réduit : 10 € (étudiants, chômeurs, -25 ans…)
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Outrage au public est une œuvre de jeunesse de Peter Handke, volontairement provocante à l’endroit même de l’écriture. Régulièrement prétexte à des mises en scène choquantes, ou pensée comme un manifeste de l’anti-théâtre, une tentative de transposition à la scène de l’aventure du Nouveau Roman, cette pièce, que j’ai découverte il y a un peu plus de dix ans, m‘a toujours interpellée par son oralité radicale, son humour vif et acéré et son refus de toute narration.

 

Pendant environ une heure, seront prononcés des mots, des phrases, pour dire que seul le langage aura eu lieu sur scène ! Et c’est dans le creusement jubilatoire de ce sillon que réside l’outrage, et non pas dans les adresses provocatrices et ironiques des acteurs au public.

 

Incantations et injonctions contradictoires se succèdent aux litanies, aux conjurations, aux constatations. Listes de ce-qui-est et de ce-qui-semble se mêlent aux énumérations du monde-absent et de ce-qui-ne-s’y-passe-pas, créant au milieu du flux et du reflux de cette marée sonore et verbale des paradoxes qui éveillent, alertent, amusent ou agacent.

 

Ce que dit Outrage au public de la scène – et qui est une parole nécessaire – c’est que tout s’y déroule toujours au présent, que rien n’est artifice, que c’est la langue elle-même qui prend corps et s’incarne, sans que soit convoqué ni personnage ni trame narrative.

 

C’est une matière parfaite pour une performance théâtrale car il s’agit de dire que c’est ici et maintenant que cela a lieu !

 

Le temps de la vie ne doit-il pas être l’épisode du triomphe? Exister doit être un triomphe !
Peut-être n’y a-t-il plus d’endroits sauvages, mais le temps, toujours sauvage et neuf, demeure.
Sans cesse ça redevient sérieux.

Peter Handke, Par les villages

Je veux travailler cette performance avec quatre actrices, quatre voix féminines qui, pour moi, sont les plus légitimes pour dire l’ici et maintenant. Mon travail s’attachera à rendre palpable la forme, c’est-à-dire le flux sonore, son « flow » et je tâcherai de laisser les actrices libres d’engager ce qu’elles veulent dans le détail de chaque parole.

 

Cet exercice nécessite un travail raffiné, épuré à l’extrême. Il s’agit d’exécuter une partition, de réaliser le parcours physique et sonore imposé. Il n’y a pas un sens à donner mais une direction à poursuivre, un processus dans lequel s’inscrire, une machine sonore, signifiante, paradoxale et surprenante à faire avancer, à alimenter.

 

Il y a des sons à faire entendre, des sens à faire jaillir, un souffle à entretenir et à approfondir ! Il y a à célébrer, à rendre justement vivant, sensible et sensuelle la corporalité de la langue.

 

C’est là toute la beauté et la difficulté de cette proposition : rendre incandescente et sensible cette célébration du présent de la représentation, pendant une heure, sans autre support que la voix de quatre actrices, nous retenant sans cesse, nous happant et nous reconvoquant dans ce présent brûlant.

Il n’y a pas de pauses dans notre texte. Les pauses entre les mots, ça n’a pas beaucoup de sens. Les sous-entendus, ce n’est que du vent. Chez nous, il n’y a pas de sous-entendus. Le silence n’explique rien. Il n’y a pas de silence éloquent. Il n’y a pas de silence-silence. Il n’y a pas de silence mortel. Ici, on ne fabrique pas du silence avec les mots. Dans le texte, il n’y a aucune indication qui nous oblige à nous taire. Ne cherchez pas d’abîme derrière nos paroles. Il n’y a pas de blanc entre les mots. N’essayez pas de lire entre les lignes. N’essayez pas de déchiffrer nos visages.
 
Vous avez déjà votre opinion. Vous avez déjà compris que nous rejetons quelque chose. Vous avez constaté que nous nous répétons. Vous êtes intelligents. Vous êtes perspicaces. Vous n’arrivez pas à vous faire une opinion. Vous n’avez pas encore découvert la structure dialectique de cette pièce. Maintenant vous commencez à deviner. Vous êtes toujours en retard d’une réflexion. Vous commencez seulement à avoir des éclairs d’intelligence.
 
Vous avez l’air fascinant. Vous avez l’air captivant. Vous avez l’air éblouissant. Vous avez l’air palpitant. Vous êtes unique.
 
Mais vous ne faites pas le poids. Vous n’êtes pas une riche idée. Vous êtes plutôt lassants. Vous n’êtes pas un sujet en or. En vous choisissant, l’auteur était mal inspiré. Ce n’est pas ça la vie. Vous n’avez pas de talent. Vous ne nous transportez pas dans un autre monde. Vous ne nous fascinez vraiment pas. Vous ne nous éblouissez vraiment pas. On peut dire que vous ne nous amusez pas. Vous n’aimez pas jouer. Vous n’avez pas le don. Vous ne savez pas ce qu’est le théâtre. Vous n’avez donc rien à dire. Vous n’êtes pas convaincants. Vous n’êtes pas là. Vous n’arrivez pas à nous faire oublier le temps. Vous n’arrivez pas à nous intéresser. Vous nous ennuyez.
 

Peter Handke, Outrage au public.


Joachim Salinger — conception et mise en œuvre
Charly Lhuillier — création lumière

Il commence le métier d’éclairagiste en 2010, par une formation aux 3 Baudets, où il rencontre plusieurs artistes avec lesquels il continue de collaborer en tournée ou sur des dates ponctuelles. Il travaille toujours aux 3 Baudets actuellement, mais également pour le théâtre de la Porte Saint Martin, au Divan du Monde et pour des compagnies de théâtre en tant que régisseur lumière.

Il a effectué plusieurs créations lumières pour différents spectacles aussi bien pour des concerts que pour des pièces de théâtre : La Mort sans sépulture pour la compagnie de l’Ombre noire ; Maissiat, Vincha, Perrine en morceaux, Inglenook. Le fait de travailler dans plusieurs salles et pour plusieurs artistes lui permet d’éclairer environ 300 concerts et spectacles par an.

Christine Armanger — jeu


Formée à l’École Charles Dullin et au Studio de Formation Théâtrale de Vitry, Christine Armanger continue d’approfondir sa recherche théâtrale et corporelle auprès de Yves-Noël Genod, Jan Fabre, Béatrice Massin, Gisèle Vienne, et avec Nina Dipla, Mie Coquempot, Marion Levy, Bleuène Madelaine, (stages à la Ménagerie de Verre, Micadanses, etc.). Au théâtre, elle a joué dans Intendance de Rémy De Vos m.e.s. Jean-Louis Jacopin; Peanuts de Fausto Paravidino, m.e.s. Florian Sitbon; Errance d’après Kerouac de Jacky Katu, Barbara Sadi Ouadda & Lou Viger; Le Lac de Marion Camy-Palou; L’Insomnie des murènes de Laurent Bazin (La Loge, 2011); Rona Ackfield, création No Panic Compagnie (LMP, 2013). Depuis 2010 elle participe aux performances de Katalin Patkaï, Lucas Bonnifait, Alex Cecchetti (Générateur de Gentilly, Palais de Tokyo, Fiac) et présente la sienne, Une Cuiller. Elle collabore depuis 2006 à l’émission Pièces détachées sur Radio Campus Paris et obtient en 2008 un Master 2 en Arts du Spectacle (Caen). En 2012, elle fonde la [Compagnie Louve] et crée Pourpre à La Loge, repris au festival Péril Jeune (Confluences, 2013).

Ninon Defalvard — jeu


Après un passage au Conservatoire Régional d’Orléans où elle a travaillé avec Christophe Maltot, Leïla Bayle et Christophe Caustier, Ninon Defalvard poursuit sa formation au Studio de Formation Théâtrale sous la direction de Florian Sitbon – Les histoires d’A, montage d’après Marivaux, Truffaut et Rohmer et Le Dragon d’Evgueni Schwartz. Elle travaille également avec Jean-Louis Jacopin, Ma Solange, comment t’écrire mon désastre de Noëlle Renaude, et joue Laura dans La Ménagerie de verre de Tennessee Williams avec Joachim Salinger. Elle travaille également avec Sabrina Baldassara, Nadine Darmon, Clément Victor et Fatima N’Doye. Lors d’un atelier au Théâtre de la Colline elle retrouve Christophe Maltot et travaille avec Sharif Andoura autour de Violences de D-G Gabily. Elle passe un an au Conservatoire du centre de Paris où elle travaille avec Alain Gintzburger. En 2013, elle joue dans Le début de quelque chose d’Hugues Jallon, mise en scène de Myriam Marzouki – Avignon In et Théâtre du Fil de l’eau à Pantin. En 2014, elle travaille avec la vidéaste et performeuse Lola Gonzalèz, pour Qui boira de ce vin-là boira le sang des copains – Festival Hors Pistes 2014, au Centre Georges Pompidou.

Maïa Michaud — jeu


De formation éclectique, à l’image de son parcours, Maïa Michaud s’initie d’abord au jeu à la Maison du geste et l’image. Elle poursuit sa formation au cours d’ateliers organisés par le Théatre National de la Colline, sous la direction, entre autres, de Guillaume Lévèque et Jeanne Vitez. Elle se forme au cinéma à la fois en étudiant à l’université mais également en arpentant directement les plateaux. Enfin elle ouvre et approfondit sa formation en se formant à la méthode Meisner pour lauquelle elle partira quelques temps à New York. Au théâtre, elle joue Lysistrata, mis en scène par Natacha Gerritsen au moment de la guerre en Irak et Échantillon, création de Levy Blancard, où elle joue un des deux rôles principaux. Depuis 2003, elle tourne également au cinéma et à la télévision, notamment sous la direction de Didier Bourdon et Phillipe Roussel. En 2011 elle débute également la réalisation de films pour la musique et la publicité.

Anne-Charlotte Piau — jeu


Après avoir obtenu en 2008 un Master de conservation du patrimoine à Lille, elle intègre en 2009 le Studio de Formation Théâtrale situé à Vitry-sur-Seine et dirigé par Florian Sitbon. Elle y travaille jusqu’en 2012 le répertoire classique et contemporain avec Florian Sitbon, Catherine Hirsch, Joachim Salinger, Nadine Darmon ou Clément Victor, et joue Phèdre pour le spectacle de sortie dirigé par Jean-Louis Jacopin en 2012. Pendant sa formation, elle a interprété plusieurs rôles pour la télévision et joué dans différents courts-métrages. Passionnée de danse, elle a participé à plusieurs spectacles professionnels à Lille.

Outrage au public de Peter Handke et Le principe d’incertitude de Ghérasim Luca forment un diptyque de performances théâtrales et articulatoires.

 

La compagnie un autre jour, la même histoire créé le diptyque en 2014 :

 

  • Le principe d’incertitude de Ghérasim Luca est créé à la Faïencerie-Théâtre de Creil en février, dans le cadre des Rendez-vous de la Manufacture. >> lien
  • Outrage au public de Peter Handke est créée à La Loge (Paris 11°) en mai et juin.

 

Interrogeant le rapport du spectateur au texte et proposant à travers le flux de la langue une confrontation physique et sensorielle entre acteurs et spectateurs, ce diptyque est particulièrement adapté à tout espace privilégiant un rapport direct et intime entre salle et scène et peut se transposer dans des espaces non théâtraux répondant à ces critères.

 

L’espace de la représentation est très simple, de manière à valoriser le travail et la voix des acteurs. Il ne nécessitera qu’un très court temps de montage et de démontage, se prêtant volontiers aux contraintes de l’alternance, et pouvant s’adapter simplement à différentes configurations scéniques et dimensions de salles.

 

Toutes deux d’un format court d’environ une heure, chaque performance du diptyque est distincte l’une de l’autre et peut être exécutée de manière indépendante.

 

Ceci étant les deux formes sont complémentaires. Elles découlent de la même démarche artistique et du même questionnement. De plus, elles utilisent la même grammaire scénique et se conçoivent prioritairement dans le même type d’espace.

 

La création étant en cours, la fiche technique et les tarifs de cession ne sont pas encore finalisés. Cependant, sur simple demande, la compagnie un autre jour, la même histoire fournira les renseignements techniques, administratifs et financiers dont elle dispose déjà, et s’efforcera de répondre à toute question ayant trait à la faisabilité technique, la production et la diffusion.

 

Vous trouverez dans cet onglet tous les documents importants à télécharger. Pour toute demande complémentaire (fiche technique, tarifs de cession, etc…) merci de prendre contact  directement avec nous, via le formulaire de contact.

 

Dossier de Presse — Outrage au public

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Communiqué de presse — Outrage au public

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Dossier de Presse — Diptyque

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Visuels

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