Mais qu’est ce que vous dites là ? C’est très intéressant…

Ah, si l'homme ne sait pas lui-même ce qui est dedans, comment est-ce que nous, nous le saurions? Karl Valentin

Ah, si l’homme ne sait pas lui-même ce qui est dedans, comment est-ce que nous, nous le saurions? – Karl Valentin

création 2015 – en recherche de partenaires

montage bien tristement burlesque d’après l’œuvre de Karl Valentin (éditions théâtrales)
Traduction de Jean-Louis Besson et Jean Jourdheuil

avec : Émeline Bayart, Thierry Bosc, Emmanuelle Grangé, Élizabeth Mazev, Alexandre Michel, Dominique Parent et Thomas Suire.

conception et mise en scène : Joachim Salinger
création sonore et musicale : Thomas Suire

production : un autre jour, la même histoire, avec le soutien de la DRAC Île-de-France au titre de l’Aide à la Production Dramatique, avec la participation artistique du Jeune Théâtre National et avec le soutien artistique de l’ENSATT. logo_partenaires_valentin

 

 

repères biographiques

Immense vedette dans l’Allemagne de l’entre deux guerres, Karl Valentin est un artiste protéiforme. Tour à tour charpentier, musicien, acteur, auteur, fantaisiste, inventeur, réalisateur, chanteur ou rémouleur, sa carrière s’est étalée pendant plus de quarante-cinq ans, alternant des aventures très différentes au cabaret, au théâtre, au cinéma, ou en tournée avec l’Orchestrion, une machine-orchestre de son invention. Né en 1882 dans la capitale bavaroise, c’est à Munich que sa carrière se déploie et qu’il connaît au début des années trente ses plus grands succès sur les scènes étroites des cabarets ou au travers des nombreux films qu’il tourne.

 L’art c’est beau, mais c’est du boulot.

Karl Valentin

Artiste très populaire, il fut comme beaucoup courtisé par les nazis mais, sans pour autant apparaître comme un opposant, il esquiva et se déroba à toutes leurs sollicitations. À mesure que l’Allemagne s’achemine vers la guerre, Valentin est marginalisé et est obligé d’abandonner la scène, faute d’engagements. Il passe les dernières années de sa vie dans un état de dénuement total, obligé de se faire rémouleur pour subsister. Sa tentative de come-back, dans l’immédiate après-guerre est un échec, et c’est seul, pauvre et oublié de presque tout ceux qui l’avaient adoré, qu’il disparaît en février 1948.

 

Karl Valentin laisse en héritage une œuvre comique riche et paradoxale, qui constitue le plus important répertoire burlesque écrit de son époque.

 

Regardez-moi ça, il n’arrête plus, toujours à creuser dans le même trou.
Karl Valentin, le rôti de Lapin

le personnage Valentin

Karl Valentin est avant tout son propre personnage. Grand, très maigre et souvent affublé d’un faux nez, ses pantalons et ses manches trop courtes accentuent encore sa silhouette tout en longueur et en angles. Oscillant entre tristesse indifférente et impassibilité ironique, Valentin est mortellement sérieux et ne cherche pas à nous faire rire, ni à nous séduire.

Karl Valentin s’avance mortellement sérieux parmi les bruits incertains d’une brasserie quelconque. Cet homme ne vient pas faire des plaisanteries. Il est lui-même une plaisanterie vivante. Une plaisanterie tout à fait compliquée avec laquelle on ne plaisante pas.

Bertolt Brecht, écrits sur le théâtre, oct. 1922

C’est un employé peu zélé, maladroit, un gagne misère, un tire-au-flanc. Un lâche, pris de velléité de révolte, jouisseur de peu. Souvent musicien — mais mauvais ! — il est doté d’une mauvaise foi qui n’a d’égal que son aplomb à justifier ses stratégies dilatoires. Le clown Valentin n’aime rien tant que de perdre du temps, et d’en faire perdre à son interlocuteur. Il réussit, en l’espace de quelques minutes, à faire vaciller le sens, la raison et le monde jusqu’à le faire jaillir hors de ses gonds. Et le tout la mort dans l’âme…

Le personnage ne fait qu’élargir la brèche que le texte a ouvert. Souvent distrait, habité par des idées fixes et des manies, le clown valentinien use de procédés dilatoires pour faire tout sauf ce qu’on lui demande, pour dire tout sauf ce qu’on attend de lui. Il est le grain de sable qui grippe la machine, qui enraille la marche mécaniste et normative de la société.

 

Il construit ses numéros sur mesure pour lui et Liesel Karlstadt, sa compagne et comparse pendant plus de quarante ans. Elle, petite, ronde, énergique est son contrepoint et sa contradictrice parfaite, se grimant volontiers en vieil homme ventru et moustachu ou en petit garçon irresponsable. Elle est volubile, sans-gêne et plus volontiers bouffonne et cabotine que Valentin.

 

Leur génie est de créer, à partir de rien — un mot pris pour un autre, un détail insignifiant, un objet banal dont on s’étonne… — une entaille, un espace qu’ils exploitent jusqu’à faire douter l’autre de la situation et de la réalité… C’est dans cet étirement du temps, dans cette trouée du réel qu’est le génie burlesque de leur travail de clown.

Je ne fais rien, c’est entendu. Mais je vois les heures passer — ce qui vaut mieux qu’essayer de les remplir. Émile Cioran, De l’inconvénient d’être né

l'écriture de Valentin

L’écriture de Valentin est rapide, fragmentaire, morcelée. Il s’agit le plus souvent de scènes courtes, à deux ou trois personnages, sans véritable début ni fin. Parfois développées jusqu’à devenir de petites pièces en un acte, les scènes — ou sketchs, fragments, morceaux, numéros… — ont des caractéristiques communes : d’une part l’histoire n’est pas l’essentiel car elle est surtout le support ou le prétexte à provoquer des retardements et des digressions, véritable lieu de la dramaturgie de Valentin. D’autre part, on se rend très vite compte que même ses pièces plus longues sont bricolées de morceaux de scènes disparates, d’éléments existants ailleurs ou sous d’autres formes.

La valeur intrinsèque d’un livre ne dépend pas de l’importance de son sujet, mais de la manière d’aborder l’accidentel et l’insignifiant, de maitriser l’infime. Émile Cioran, De l’inconvénient d’être né

La situation a beau avoir l’air d’être différente, le lieu de varier, les personnages de changer de nom, ce n’est qu’un faux semblant, car tout se répète chez Valentin. On retrouve souvent les mêmes personnages — Le vendeur et le client ; Le patron et son employé ; le chef d’orchestre et le musicien ; le directeur du théâtre et le technicien — en un mot, celui qui exige, commande, dirige et celui qui se dérobe, se défile et gagne du temps. On retrouve également les mêmes expressions — comme transposées ou translatées — les mêmes bouts de textes, comme si le langage lui-même devenait un motif récurrent, un lazzi. Il procède même parfois par boucle, n’hésitant pas à se répéter et se mordre la queue au sens propre, sans plus de début ni de fin véritable, simplement pour le plaisir du mouvement et de tourner en rond. De glissements en écarts, d’échecs en ratage, la langue de Valentin fait obstacle au réel et lui résiste avec constance, sérieux et malice, jusqu’à faire en sorte que le réel éclate et dévoile son imposture et son absurdité. Écriture de résistance, donc ! Car Valentin, apolitique en apparence, résiste à tout : à l’ordre, aux ordres, au progrès, à la logique, au bon sens. C’est de cela qu’on rit, d’un rire profond, qui secoue en entier, et bien tristement encore.

J’ai beaucoup ri bien tristement. Samuel Beckett, à propos de Karl Valentin, vu dans un cabaret de la banlieue de Munich en 1937

 

Valentin n’est pas simplement un acteur et un auteur burlesque car, avant même que les acteurs s’y mettent, c’est comme si les personnages eux-mêmes s’étaient travesti et s’amusaient à jouer — qui à la marchande, qui à l’employé, qui au médecin… Tels des enfants, ses clowns jouent on ne peut plus sérieusement. Ils jouissent et s’enivrent du plaisir de faire échouer le réel pour mieux creuser des espaces où à la vérité de leur être fêlé, leurs lubies et leur poésie pourront apparaître.

 

Se dépenser dans des conversations autant qu’un épileptique dans ses crises. Émile Cioran, De l’inconvénient d’être né

Valentin est l’un des précurseurs de cette métaphysique burlesque au théâtre, qui fonde la plaisanterie, l’aphorisme, le paradoxe et le non-sens, comme des voies d’accès vers la compréhension des rapports sociaux, humains et de l’être même. Contemporain de Chaplin et de Keaton, il est aussi l’un des prédécesseurs de Beckett, d’Ionesco ou même de Cioran. Brecht, qui à ses débuts a beaucoup emprunté à Valentin, ne s’y trompe pas lorsqu’il le qualifie dès 1922 d’une des figures intellectuelles les plus pénétrantes de l’époque.

le projet – C'est vraiment très intéressant…

Je veux mettre en scène Karl Valentin pour donner à voir et à entendre sa singularité et son étrange drôlerie et m’emparer de son écriture afin de questionner ses résonances contemporaines.

 

Si vous avez le temps, venez avec moi. Karl Valentin

En compagnie de grands acteurs burlesques, je veux proposer une vision panoptique de son œuvre sans souci de chronologie ou de registre. Le principe de collage est inhérent au travail de Valentin qu’il mettait en pratique tant pour l’écriture que pour composer ses spectacles. Mon souci sera de construire un monde instable, glissant, où les narrations s’entremêlent, s’apostrophent et se répondent. Sans pour autant dénaturer la fable, plusieurs histoires pourront cohabiter et avancer en même temps.

 

Le duo est un principe dramaturgique majeur chez Valentin. Je le réinterprète ici en m’entourant de trois duos d’acteurs de générations différentes : Thierry Bosc et Emmanuelle Grangé, Elizabeth Mazev et Dominique Parent, Émeline Bayart et Alexandre Michel.  En démultipliant ainsi le duo Karlstadt/Valentin, je m’affranchis de la tentation de la conformation mimétique, je propose une incarnation à trois âges distincts correspondant à l’évolution du duo originel et je permet à ces différents clowns de se confronter. Chez Valentin, tout se passe sur le théâtre, ou vraiment à deux pas… Deux acteurs rentrent en scène. L’un demande à l’autre : « Bonjour, vous désirez ? ». Le second répond : « un chapeau » ou « un Leïca » et nous voici de fait chez le chapelier ou dans un magasin d’appareil photo. La situation s’invente au présent. L’un des personnages – au moins ! – a toujours conscience qu’il est bien sur le plateau du théâtre, qu’il est maître du jeu et qu’il peut renverser la réalité car la vérité de la représentation est de son côté.

 

Je veux penser l’espace sur la base de cette théâtralité de convention consciente. L’endroit est justement là ! Karl Valentin

Quelque chose de très simple qui évoque la petite scène d’un cabaret mais plus large, plus ouvert, ainsi que l’idée d’un théâtre vu de la coulisse. Une estrade centrale qui redouble la scène du théâtre et une passerelle plus haute, au lointain. Trois niveaux, en prenant en compte le sol. Des éléments de régie à vue : drisses, poulies, contrepoids… D’autres qui tombent des cintres : rideaux, châssis inversés, accessoires suspendus…

 

Jouant un rôle essentiel dans de nombreux textes de Valentin – Le Bastringue, Un funeste solo de violon, Les pupitres ensorcelés – je veux que la musique soit un élément structurant du spectacle, servant à matérialiser les liens et les ruptures, vidant l’espace, le découpant, le scandant ! Thomas Suire complètera la troupe en tant qu’acteur mais surtout comme musicien et créateur sonore. Entouré de ses instruments parfois très surprenants – theremin, stylophone, pianola, anciens synthétiseurs analogiques – il occupera une place à part dans le dispositif, à la fois incarnation du clown-musicien qu’était Valentin mais également vigie, metteur en ordre ou perturbateur ce qui se passe sur le plateau. La bande son intègrera également des airs populaires allemands de l’entre-deux guerres. Ils seront retravaillés, déformés, spatialisés ou parfois chantés par les acteurs eux-mêmes. Ces évocations, sortes de marqueurs temporels créeront une distance, des effets d’éloignement, d’étrangeté.

 

Les accessoires auront une grande importance, car chez Valentin, l’objet est toujours suspect ! Appréhendé, éprouvé et considéré avec curiosité et méfiance, il est parfois détourné de son utilité première. On se bat contre lui, on le mesure, on le soupèse… il dévient poétique : le mètre pliant sert à mesurer la hauteur d’une note… Et puis il y a tout ce fatras d’objets d’apparence anodine — mouchoirs, lunettes, cannes, parapluies, chapeaux, sacs, valises, sacoches, portefeuilles, monnaie, billets de banque, stylos, carnets, papiers divers, journaux… — mais qui encombre et duquel naît le jeu. Il occupe les mains, gêne, est donné à la place d’un autre. Il est prétexte à destruction en séries et compliquera jusqu’au paroxysme toute situation déjà confuse…

Essayer. Rater. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux. Samuel Beckett, Cap au pire

Et finalement…

Et finalement c’est peut-être ça, ce que je veux faire : un spectacle sans vrai début ni fin, avec des personnages doublés, triplés ; des situations qui se ressemblent, se répètent et finissent par se mordre la queue.

 

J’aime l’idée de travailler une écriture scénique dégagée de la contingence de la narration. Une écriture qui célèbre le chemin de traverse, la digression…

 

Là est le plaisir ! Là est la liberté !

 

Le pas de côté est un acte d’émancipation !

 

Ce que fait Valentin c’est s’exiler d’une réalité pénible, engoncée, conformiste – en un mot, inhumaine – pour s’installer et vivre dans son propre imaginaire.

 

J’aime cette galerie de farouches inadaptés, de coupeurs de cheveux en douze/huit/six, l’énergie qu’ils déploient à être tout sauf ce que l’on attend d’eux, à ne pas capituler devant l’inanité du réel.

 

J’aime leur mauvaise foi, leurs arrangements constants pour ne pas se conformer, leur goût de la contradiction et de la controverse. Pour rien. Pour le plaisir de ne pas être d’accord. Pour embêter. Pour tirailler. Pour gratter là où ça pourrait couler de source.

 

C’est la beauté et la fragilité de ce rapport au monde, aux autres et au théâtre qui me touche et que je veux mettre en scène, pour partager cette certitude que c’est dans les chemins de traverse, dans nos décalages et décadrages intimes que naît l’humour, le rire, et notre singularité – en un mot, notre intelligence commune.

 

Je ne vois pas encore très clairement ce que vous voulez, au juste.Karl Valentin

je veux

Je veux que ça fasse rire et qu’on soit inquiet,  qu’on se demande où on est — ce qui se passe en réalité…

Je veux que ça fasse rire et qu’on soit inquiet,
qu’on se demande où on est — ce qui se passe en réalité…

Projet Karl Valentin — création 2015

Pour la création à l’automne 2015, de Mais qu’est-ce que vous dites là ? C’est très intéressant… montage bien tristement burlesque de Karl Valentin,  la compagnie un autre jour, la même histoire est en recherche de coproducteurs, de lieux d’accueil, et de partenaires.

 

 Le projet a reçu le soutien de la DRAC d’Île-de-France au titre de l’Aide à la Production Dramatique et bénéficie du soutien artistique du Jeune Théâtre National et de l’ENSATT.

Le spectacle est actuellement en cours d’élaboration technique et artistique. Sa durée se situe entre 1h30 et 1h45 et six semaines de répétions seront nécessaires, qui pourront être scindées en deux périodes équivalentes. Une première session mettra en travail avec les acteurs un corpus de textes et de séquences prédéterminées. À l’issu de celle-ci, le montage précis des textes et l’agencement des différents éléments (musiques, chansons, effets de régie, etc.) sera finalisé et la seconde période assurera le montage proprement dit du spectacle.

Le montage précis des textes n’est donc pas encore disponible. Cependant, Joachim Salinger a réalisé un montage de textes de 25 min environ, représentatif de ce qu’il mettra en œuvre. Il est disponible sur simple demande pour ceux qui souhaitent se faire une première impression. Nous pensons le spectacle pour des salles allant de 120 à 400 places environ ainsi que pour des plateaux de moyenne à grande dimension. Le détail de la proposition scénographique (décor, accessoires, costumes, maquillages, lumière) s’élaborera en fonction de l’évolution des conditions financières de la création.

 

La compagnie recherche de nouveaux partenaires – coproducteurs, lieux d’accueil, résidence… – pour assurer la création du spectacle à l’automne 2015.

À l’heure actuelle la fiche technique et les tarifs de cession ne sont pas encore disponibles. Cependant, sur simple demande, la compagnie un autre jour, la même histoire fournira les renseignements techniques, administratifs et financiers dont elle dispose et s’efforcera de répondre à toute question technique, ou de production.

Pour nous joindre, nous vous invitons à utiliser le formulaire de contact en suivant le lien.

 

L’ensemble des textes de Karl Valentin sont disponibles aux éditions Théâtrales en cinq volumes. Les traductions sont de Jean-Louis Besson et Jean Jourdheuil.

Il existe de nombreux enregistrements audio et vidéo du travail de Karl Valentin, ainsi que plusieurs documentaires en allemand. Il n’existe pas de versions sous-titrées en français mais ces documents sont aisément disponibles sur les plateformes de vente en ligne allemande.

Joachim Salinger — conception et mise en scène
Thomas Suire — création sonore

Acteur, auteur de théâtre et de chansons, musicien polyinstrumentiste, passionné d’humour noir et de musique électronique, Thomas Suire, âgé de trente-six ans a également mené divers projets plastiques sous forme d’installations ou d’expositions.Formé au théâtre par Marianne Valery et Jean Darnel, Thomas Suire a joué pour Pierre Franck, Didier Long, Nicolas Briançon, ainsi qu’aux côtés de Didier Sandre, Bernard Giraudeau ou encore Patrick Préjean. Au cinéma, il tient le rôle principal de Pas de repos pour les braves, d’Alain Guiraudie, sélectionné à la quinzaine des réalisateurs en 2003.  Par la suite il a travaillé pour de nombreux réalisateurs comme Christian Faure, Michel Andrieu, Benjamin Busnel ou Fabien Gorgeart, dont les films lui ont valu plusieurs prix d’interprétations ces dernières années. Il crée en 2002 le groupe électro-rock Niveau 2 avec Loran Qui, en temps qu’auteur interprète, puis rejoint comme musicien diverses formations musicales:

 

Mismerizer — musique cauchemar

 

Loki Starfish — cold pop

 

Eugène et Lucien — duo gramophone/theremin

 

Infecticide — new wave débridée

 

Son dernier projet en date, The Fat, fruit d’une nouvelle collaboration musicale avec Jacques de Candé, développe d’étranges atmosphères musicales, déshumanisées, qui appellent l’image et l’imaginaire. Féru d’instruments rares et étranges, il pratique notamment le theremin, le stylophone, et toutes sortes de synthétiseurs analogiques.

Émeline Bayart — jeu

Formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (promo 2003) où elle suit les classes de Daniel Mesguich, Catherine Hiégel, Cécile Garcia-Fogel, Jean-Paul Wenzel, Hélène Vincent, Mario Gonzales, elle a également suivi les classes de formation musicale et de piano du CNR de Lille de 1986 à 1996. Au théâtre, elle a notamment joué dans Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare (m.e.s. Clément Poirée), Le Bourgeois Genthillomme de Molière (m.e.s. Denis Podalydès), Foi, Amour, Espérance de Horvath (m.e.s. Cécile Garcia-Fogel), le Révizor de Gogol, Têtes rondes et têtes pointues de Brecht, Cassé de Rémi de Vos (m.e.s. Christophe Rauck), le Comte Öderland de Max Frisch (m.e.s. Claude Yersin), Musée haut, Musée Bas de Jean-Michel Ribes, les Amoureux de Goldoni (m.e.s. Gloria Parys), la Puce à l’Oreille de Feydeau (m.e.s. Paul Golub). Elle chante également sur scène, (L’endroit du cœur de Philippe Meyer, m.e.s. de J.C. Penchennat) et dans son tour de chant intitulé : histoires de couples. Au cinéma, elle a tourné dans Adieu Berthe & Bancs Publics de Bruno Podalydès, Populaire de Régis Roinsard, Un plan parfait de Pascal Chaumeil, Au Galop de Louis-Do de Lencquesaing, Musée haut, Musée Bas de Jean-Michel Ribes et Le bal des actrices de Maiwenn.

Thierry Bosc — jeu

Acteur, metteur en scène et enseignant, Thierry Bosc, a fondé avec Jacques Nichet, Didier Bezace et Jean-Louis Benoit, le théâtre de l’Aquarium, à la Cartoucherie de Vincennes. Ce compagnonnage est une période fondatrice et capitale pour lui. Dernièrement, il a joué Hamm dans Fin de partie et Estragon dans En attendant Godot de Beckett (m.e.s. Bernard Levy), ainsi que dans L’enfant de et m.e.s. de Carole Thibaut, La comédie des erreurs de Shakespeare (m.e.s. Dan Jemmett), Le roi Lear (m.e.s. d’André Engel), Médée d’Euripide (m.e.s. de Laurent Fréchuret), Bobby Fischer vit à Passadena de Lars Noren (m.e.s. de R-M Leblanc), La vie est un songe de Calderon (m.e.s. de Guillaume Delaveau), Nathan le sage de Lessing (trad. et m.e.s. de Dominique Lurcel). Il a également joué sous la direction de Stuart Seide, Mathias Langhoff, Jacques Nichet, Hélène Vincent, Claude Yersin, Thierry Roisin, Bérangère Jannelle, Jean-Pierre Vincent, Jean-Paul Wenzel, Christian Caro, Jean-Louis Hourdin, Jean-Christophe Saïs, Steve Suissa, Florian Zeller, Caterina Gozzi, Irina Brook… Au cinéma et la télévision, il a tourné notamment avec Arnaud des Pallières, Arnaud Despléchin, Gilles Marchand, Costa Gavras, Jean-Louis Benoît, Roger Planchon, Jean-Pierre Thorn, Fabien Gorgeart, Steve Suissa…  Courant 2013 il joue dans La tempête de Shakespeare (m.e.s Philippe Awatt) et dans Perturbation de Thomas Bernhard (m.e.s. Krystian Lupa).

Emmanuelle Grangé — jeu

Emmanuelle Grangé a vécu à Berlin jusqu’à ses 18 ans. Après des études en hypokhâgne, sciences po, sociologie à Strasbourg, elle devient élève comédienne à l’École Supérieure d’Art dramatique du T.N.S. Ecrivaine et actrice, elle a travaillé notamment avec André Steiger, Jean-Marie Patte, Jean-Paul Wenzel, Manfred Karge, Mathias Langhoff, Jacques Lassalle, René Allio, Jacques Nichet, Jean Jourdheuil, Jean-François Peyret, Michel Dubois, Gilberte Tsaï, Jérôme Robart, Christian Caro, Guy-Pierre Couleau, Nils Öhlund, François Christophe et Carole Thibaut.

Élizabeth Mazev — jeu

Élizabeth Mazev se forme au théâtre en suivant des cours à l’Ecole de La Belle de Mai. Elle monte à Paris avec son ami d’école communale Olivier Py, avec qui elle collabore très régulièrement. On l’a vue notamment dans les mises en scènes d’Olivier Py dont Le Soulier de satin de Paul Claudel (2009), Illusions Comiques (2006), Les Vainqueurs (2005). L’apocalypse joyeuse ou La servante. Sa route croise celle de Jean-Luc Lagarce, de Valère Novarina, de Marion Aubert, de Sophie Calle, de Gregory Motton et de David Lescot, des auteurs contemporains, mais elle aime aussi jouer Claudel dirigé par Jean-Pierre Vincent ou Olivier Py, Ostrovski mis en scène par Bernard Sobel, ou Goldoni vu par Thomas Quillardet et Jeanne Candel. Ses textes (Mon père qui fonctionnait par périodes culinaires et autres, Les Drôles, Les Cigales, Mémoire pleine) sont édités aux Editions Les Solitaires Intempestifs.

Alexandre Michel — jeu

Il suit des cours de théâtre du Vélo Volé avec François Havan. En 2002, il rejoint Le théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine où il participe aux deux volets du Dernier Caravansérail : le fleuve Cruel et Origines et Destins. En 2006, il interprète les rôles d’Arnaud et du secouriste dans Les Ephémères. Plus récemment il a travaillé sous la direction de Jeremie Lippmann (L’affaire de la rue Lourcine). En 2011, Il participe au festival du Théâtre 13 avec Voilà donc le monde!, d’après Les Illusions perdues d’Honoré de Balzac. Il travaille également avec Gwenaël Morin sur Introspection de Peter Handke (théâtre de la bastille et palais de Tokyo) et sur un cycle Fassbinder au théâtre du Point du Jour de Lyon. En 2013, il est au Théâtre national de la colline dans elle brûle mise en scène par Caroline Guiela Nguyen. Au cinéma, il travaille notamment sous la direction de Raoul Sangla, Deniz Gamze Ergüven, Emmanuelle Spadacenta, Gianni Amelio et Audun Nedrelid.

Dominique Parent — jeu

Formé au Conservatoire auprès de Pierre Vial, Michel Bouquet, Jean-Pierre Vincent et Daniel Mesguich, il débute sa carrière avec Valère Novarina avec qui il jouera très régulièrement : Vous qui habitez le temps, La Chair de l’homme, L’Origine rouge, La Scène, L’Acte inconnu et Le Vrai sang ; parfois mis en scène par Claude Buchvald dans Le Repas ou L’Opérette imaginaire. Il joue sous la direction de Olivier Py, La Servante ; Bernard Sobel La Bonne Âme du Setchouan de Brecht, Tartuffe de Molière ; Jacques Nichet Le Haut de forme de Filippo, Faut pas payer! de Dario Fo ; Deschamps et Makeïeff : L’Affaire de la rue de Lourcine de Labiche ; Nicolas Ducron : Des couteaux dans les poules de David Harrower ; Marion Guerrero : Orgueil, Poursuite et Décapitation de Marion Aubert. Il a également joué dans les mises en scène de Michel Didym, Jacques Falguières, Eric Vigner ou Christophe Perton. En 2008, il joue au Théâtre du Peuple de Bussang Le Ravissement d’Adèle de Rémi De Vos (m.e.s. Pierre Guillois), auteur qu’il retrouve avec la pièce Cassé (m.e.s. Christophe Rauck). Dernièrement, on a pu le voir sur scène dans Grand fracas issu de rien – cabaret spectral de Pierre Guillois, dans lequel il interprète des textes de Valère Novarina. Au cinéma, il tourne avec Bruno Podalydès Dieu seul me voit, Le Mystère de la chambre jaune, Le Parfum de la dame en noir, Bancs Publics ; Francis Weber Tais-toi ; Alfred Lot Une petite zone de turbulence.