un autre jour, la même histoire

« Qu’avez-vous, mais qu’avez-vous donc ? — Je n’ai rien, je n’ai rien, j’ai fait seulement un bond hors de mon sort, et je ne sais plus maintenant vers quoi me tourner, vers quoi courir… »

Émile Cioran, De l’inconvénient d’être né

Acteur, auteur et pédagogue, Joachim Salinger, fonde en 2013 la compagnie un autre jour, la même histoire autour de deux projets : un diptyque de performances théâtrales explorant les écritures de Ghérasim Luca — Le principe d’incertitude et autres textes — et de Peter Handke — Outrage au public — qui se créé en 2014 et Mais qu’est-ce que vous dites là ? C’est très intéressant... d’après l’œuvre de Karl Valentin, qui sera créé en 2015 réunissant six acteurs et un musicien.

À travers ces deux premiers projets, la compagnie un autre jour, la même histoire explore les rapports entre la langue, l’individu et la société, afin de tenter de cerner ce qui fait de la langue singulière d’un auteur et de sa poétique une arme d’émancipation et de résistance.

Le travail de la compagnie un autre jour, la même histoire s’articule autour de trois axes fondamentaux : la langue, l’acteur, le spectateur. La langue de l’auteur est le socle, c’est à partir d’elle que l’imaginaire se déploie et il s’agit avant tout de faire entendre sa singularité. L’acteur est au centre du processus de la scène, c’est grâce à son travail que la théâtralité apparaît et que la langue prend corps. Le rapport au spectateur doit toujours être questionné de façon à l’impliquer fortement, il s’agit de s’adresser, de renouveler et de travailler cette adresse afin de la rendre à chaque fois, aiguë, acérée et sensible.

Chaque jour, il s’agira de mettre en tension cet équilibre fragile entre la langue, l’acteur et le spectateur. Toujours la même histoire…