Diptyque de performances théâtrales et articulatoires

mettre en scène le poème qui traverse les corps

Mettre en scène le poème qui traverse les corps.

Se laisser traverser par ces écritures radicales ;

n’être plus qu’une machine à dire, un instrument à scander,

une pompe articulatoire qui souffle le flux de ces textes ;

mettre en jeu l’effort de dire,

laisser l’écriture trouver son chemin

depuis le texte dactylographié jusqu’à la bouche,

en passant par les yeux, les mains, les pieds, les poumons,

afin qu’elle voyage jusqu’à celui qui écoute ;

recevoir non pas seulement par les oreilles

mais par son corps tout entier.

Joachim Salinger

Diptyque – Note d'intention

Au commencement, il y a ce désir de travailler autour d’un texte, d’une écriture qui impliquerait directement – physiquement même – le public.

Se sont alors imposés un auteur, Ghérasim Luca, et une pièce précise de Peter Handke, Outrage au public. Les deux œuvres ont en commun d’imposer à celui qui les lit de les dire. Ce sont des écritures de l’oralité, dont on ne peut faire l’expérience qu’en les articulant. Dès lors, comme elle n’existe que prononcée, l’œuvre convoque directement la présence de l’auditoire et ne peut se réaliser pleinement en tant que parole et poème qu’à travers cet échange, ce mouvement de celui qui parle à celui qui écoute. C’est pour expérimenter ce mouvement où apparaît le poème que je veux travailler à la manière d’une performance ces écritures performatives.

Ces textes nous impliquent dans un voyage sonore où nous traversons l’œuvre autant qu’elle nous traverse, et c’est dans cette posture spéciale que je veux placer les spectateurs afin qu’ils se laissent traverser par le poème et qu’ils s’abandonnent à cette écoute. Lorsque je parle d’écoute, je n’évoque pas seulement un fait d’oreille mais l’engagement de tous les sens, d’un synchronisme instinctif et mystérieux qui pousse le spectateur à respirer au même rythme que l’acteur.

Il pensait être vêtu de langues.

Porter son costume de langues dans un théâtre silencieux,

sur une scène non éclairée.

Valère Novarina, Entrée dans le théâtre des oreilles

Je veux faire de la représentation le lieu essentiel du travail et, pour ce faire, je veux construire deux formes courtes d’une heure chacune, distinctes l’une de l’autre, mais répondant aux mêmes principes scéniques, à la même grammaire. L’acteur sera considéré comme un instrumentiste et le texte comme une partition, encore présent sur son pupitre. Ce qu’il faut de lumière pour éclairer la voix des acteurs. Il y aura de la musique synthétique : des nappes, des percussions, mais surtout rien d’illustratif. Quelque chose d’enveloppant et pulsatif, un soutien sonore généré et modulé en direct, par un musicien présent sur le plateau. Une voix en plus.

Tout concourra à créer une ambiance hypnotique, une transe sourde afin de provoquer une attention flottante, aérienne, suspendue mais toujours aigue car il s’agit bien d’éveiller, de provoquer et de rendre attentif. Chez Ghérasim Luca, la langue accidentée interpelle sans cesse le spectateur, entretient et maintient son acuité. Chez Handke c’est le paradoxe et la provocation qui alertent celui qui écoute et le tiennent en haleine. Je veux expérimenter moi-même cette traversée de la langue de Luca et proposer à quatre actrices de s’emparer d’Outrage au public.

Joachim Salinger

Diptyque – infos sur la production

Outrage au public de Peter Handke et Le principe d’incertitude de Ghérasim Luca forment un diptyque de performances théâtrales et articulatoires. La compagnie un autre jour, la même histoire créé le diptyque en 2014 :

– Le principe d’incertitude de Ghérasim Luca est créé à la Faïencerie-Théâtre de Creil en février, dans le cadre des Rendez-vous de la Manufacture. >> lien

– Outrage au public de Peter Handke est créée à La Loge (Paris 11°) en mai et juin. >> lien

Interrogeant le rapport du spectateur au texte et proposant à travers le flux de la langue une confrontation physique et sensorielle entre acteurs et spectateurs, ce diptyque est particulièrement adapté à tout espace privilégiant un rapport direct et intime entre salle et scène et peut se transposer dans des espaces non théâtraux répondant à ces critères.

L’espace de la représentation est très simple, de manière à valoriser le travail et la voix des acteurs. Il ne nécessitera qu’un très court temps de montage et de démontage, se prêtant volontiers aux contraintes de l’alternance, et pouvant s’adapter simplement à différentes configurations scéniques et dimensions de salles.

Toutes deux d’un format court d’environ une heure, chaque performance du diptyque est distincte l’une de l’autre et peut être exécutée de manière indépendante. Ceci étant les deux formes sont complémentaires. Elles découlent de la même démarche artistique et du même questionnement. De plus, elles utilisent la même grammaire scénique et se conçoivent prioritairement dans le même type d’espace.

La création étant en cours, la fiche technique et les tarifs de cession ne sont pas encore finalisés. Cependant, sur simple demande, la compagnie un autre jour, la même histoire fournira les renseignements techniques, administratifs et financiers dont elle dispose déjà, et s’efforcera de répondre à toute question ayant trait à la faisabilité technique, la production et la diffusion.

Diptyque – Téléchargements
Vous trouverez dans cet onglet tous les documents importants à télécharger. Pour toute demande complémentaire (fiche technique, tarifs de cession, etc…) merci de prendre contact  directement avec nous, via le formulaire de contact.

Dossier de Presse — Diptyque

Télécharger

Dossier de Presse — Le principe d'incertitude

Télécharger

Dossier de Presse — Outrage au public

Télécharger

Communiqué de presse — Outrage au public

Télécharger

 

Partie 2: Outrage au public